Les étapes du grand voyageur Léonard de Vinci

Les étapes du grand voyageur Léonard de Vinci
 

Léonard de Vinci avant son séjour à Amboise

Léonard de Vinci (1452-1519) naît à Vinci près de Florence en 1452. De 1469 à 1478, il effectue son apprentissage dans l'atelier d'Andrea del Verrocchio (1435-1488), un maître dans l'art de la sculpture, de la peinture et de l'orfèvrerie.

Après sa formation, Léonard de Vinci s'efforce d'obtenir du travail auprès de puissants commanditaires, à Florence tout d'abord, puis à Milan sous la protection du duc Ludovic de Sforza (1452-1508) à qui il adresse une lettre faisant état de ses multiples talents en 1482.

Il quitte Milan en 1499 au moment de l'entrée des troupes françaises dans la ville et réalise plusieurs voyages à Mantoue, à Venise, à Florence, puis à Rome et dans la région de Romagne sous la protection de César Borgia (1475-1507).

Revenu à Florence, il obtient en 1505 l'autorisation de se mettre au service du gouverneur français de Milan, Charles d'Amboise (1473-1511).  Quand Louis XII (1462-1498-1515) revient à Milan en mai 1509 pour diriger ses armées contre Venise, Léonard suit le roi en qualité d'ingénieur militaire.

En septembre 1513, Léonard de Vinci part pour Rome au service de Julien de Médicis (1478-1516), frère du pape Léon X (1475-1513-1521). En décembre 1515, le génie italien est à Bologne au moment de la rencontre du roi François Ier (1494-1515-1547) victorieux à Marignan, avec le pape Léon X. À la mort de son protecteur Julien de Médicis en mars 1516, Léonard de Vinci répond à l'invitation du roi de France et rejoint Amboise.

Le séjour de Léonard de Vinci à Amboise

Après un voyage périlleux et éreintant pour un homme de 64 ans, Léonard de Vinci arrive à Amboise où le roi met à sa disposition le manoir du Cloux (aujourd'hui le Clos-Lucé), tout proche du Château royal, avec pour seule injonction « Ici Léonard, tu seras libre de rêver, de penser et de travailler ».

Il lui confie la charge de « premier peintre » et lui accorde une pension exceptionnelle de sept-cent écus d'or par an.

À Amboise, malgré une paralysie de la main droite, Léonard de Vinci continue de créer. Il a gardé avec lui trois de ses œuvres qu'il tient absolument à terminer : « La Joconde », « Saint-Jean-Baptiste », « La Vierge, l'Enfant Jésus et Sainte-Anne ». Ces trois chefs-d'œuvre sont aujourd'hui exposés au musée du Louvre.


Royal coll. Trust (RCIM 912 727)

Il réalise le dessin du château royal en 1517 Il participe également à des fêtes somptueuses et met ses talents d'ingénieur à profit pour leur donner un éclat incomparable. En 1518, à l'occasion du baptême du dauphin et du mariage du neveu du Pape, Laurent II de Médicis (1492-1519), duc d'Urbin, il conçoit un décor animé présentant la voûte céleste et ses constellations. Il reconstitue, à grand renfort d'effets spéciaux, un champ de bataille et la prise d'une ville italienne pour célébrer les victoires du roi de France. Ses réalisations lors de ses dernières années françaises ne s'arrêtent pas là puisqu'il est chargé par le roi de dresser les plans d'ambitieux ouvrages fluviaux. Il envisage notamment la création d'un canal reliant la Loire et la Saône afin de faciliter les échanges entre sa région d'adoption et celle où il a vu le jour, la Touraine et la Toscane. Le roi lui commande aussi les plans d'un palais et d'une ville nouvelle à Romorantin. Le projet est grandiose mais il ne sera finalement jamais achevé.

La mort de Léonard de Vinci

Le 23 avril 1519, sentant sa dernière heure approcher, Léonard de Vinci procède à l'enregistrement de son testament auprès du notaire Bourreau à Amboise.

Il meurt en effet quelques jours plus tard, le 2 mai, à l'âge de 67 ans.

À l'annonce de sa disparition, François Ier se serait effondré de chagrin. Benvenuto Cellini (1500-1571) rapporte les propos du roi à son sujet qui « disait [même] que Léonard […] était, [du fait de ses connaissances inégalées], un très grand philosophe. »

La sépulture de Léonard de Vinci

Fidèle à ses dernières volontés, François Ier fait porter la dépouille de Léonard de Vinci au Château royal dans la collégiale Saint-Florentin. Le cortège est composé de chanoines, prêtres et religieux escortés par soixante pauvres portant des torches. Son corps est mis en terre au sein même de la collégiale sans le faste et la solennité réservés habituellement aux plus grands génies.

Toutefois, le repos de l'artiste est troublé au début du XIXème siècle. Le nouveau propriétaire du Château, le sénateur Roger Ducos, doit, en contrepartie de la pleine propriété de l'édifice, entretenir et restaurer à ses frais l'ensemble des bâtiments. Son acception du terme « restauration » semble un peu différente de la nôtre puisqu'il fait abattre les constructions qu'il juge trop délabrées ou inutiles. En 1811, la collégiale Saint-Florentin est ainsi abattue, et le corps du maestro italien paraît perdu à jamais…

C'est sans compter sur les fouilles archéologiques menées en 1863 par Arsène Houssaye (1814-1890), inspecteur des Beaux-Arts. Elles mettent au jour un squelette – la main droite placée derrière la tête –, des fragments de tombe -avec les mentions –EO -AR –DUS –VINC- et des médailles françaises et italiennes du début du règne de François 1er : autant d'éléments authentifiant les restes de Léonard de Vinci. Les ossements sont pieusement recueillis et sont inhumés dans la chapelle actuelle du Château, celle de Saint-Hubert, en 1874. Depuis ce jour, Léonard de Vinci profite du repos éternel, à peine troublé par les touristes du monde entier venus lui rendre hommage.