A partir du 2 mai : Présentation au public, après restauration, du Tableau « La mort de Léonard de Vinci », œuvre réalisée par François-Guillaume Ménageot à la demande du roi Louis XVI, en 1781.

L'auteur François-Guillaume Ménageot (1744-1816) s'initie à la peinture aux côtés de son père, peintre français résidant à Londres, reconverti en marchand d'art. Il devient l'élève de Jean-Baptiste Deshays, de François Boucher et de Joseph-Marie Vien avant de remporter le prix de Rome en 1766.

« la mort de Léonard de Vinci »

De 1769 à 1774, il est membre de l'Académie de France à Rome. Il devient en 1777 « peintre historique » au sein de l'Académie royale de Paris et participe aux expositions prestigieuses du « Salon de l'Académie royale de peinture et de sculpture ».

La présentation de son tableau « La mort de Léonard de Vinci » au salon de 1781 consacre son talent et est saluée par les critiques : « composition noble, couleur brillante, effet solide et bien ménagé, voilà ce que l'on admire d'abord ; l'expression des têtes vient ensuite captiver agréablement l'attention [et place ] cet artiste au rang de nos meilleurs maîtres » déclare les Affiches de Paris. Diderot lui-même est touché par ce « très beau tableau, surtout d'une magie d'effet et de couleur étonnante. On ne regarde pas la tête du moribond sans être touché ».

L'œuvre est inspirée d'un texte de Giorgio Vasari (1511-1574), peintre, architecte et historien, biographe de Léonard de Vinci (in Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes, 1551). Il s'appuie ainsi sur le témoignage erroné [le roi est retenu à Saint-Germain-en-Laye par l'accouchement de la reine] de Vasari indiquant la présence du roi François 1er au moment de la mort du maître florentin, le 2 mai 1519 : il déclare ainsi que Léonard de Vinci ; sentant sa fin proche, « voulut dévotement recevoir le Très Saint-Sacrement hors de son lit. Le roi qui le visitait souvent de la façon la plus amicale, survint sur ces entrefaites ; par respect, Léonard se dressa sur son lit, lui exposant la nature et les vicissitudes de sa maladie […]. Il lui prit à ce moment un spasme douloureux avant-coureur de la mort ; le roi se leva et lui prit la tête pour lui témoigner sa faveur, afin de soulager ses souffrances ; mais ce devin esprit, reconnaissant ne jamais pouvoir recevoir d'honneur plus grand, expira dans les bras du roi ». Ménageot, ignorant que Léonard de Vinci expira au manoir du Cloux [aujourd'hui nommé Clos-Lucé] à Amboise,  situe par erreur le lieu de l'agonie de Léonard de Vinci au château de Fontainebleau sans savoir que le roi n'en fait sa résidence qu'à partir de 1528.

S'affranchissant de la rigueur historique, l'artiste entend souligner l'admiration mutuelle, et bien réelle, des deux hommes et l'émotion que suscite chez le roi l'imminence de la disparition du maître italien.

L'œuvre est commandée par le roi Louis XVI pour servir de modèle à une tenture de l'histoire de France dont la réalisation sera ultérieurement confiée à la manufacture des Gobelins (Charles X en offrira un exemplaire à l'ambassadeur d'Autriche en 1824). Ménageot y salue le roi « digne père des arts ». Il est ainsi l'un des précurseurs du courant artistique « troubadour » qui met en scène l'histoire et les scènes de genre. Le thème de l'agonie de léonard de Vinci inspirera d'ailleurs pendant des décennies bien d'autres peintres dont le célèbre Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867) qui présentera au Salon de 1824 un tableau semblable sous le titre « François 1er reçoit les derniers soupirs de Léonard de Vinci ». Le tableau aux dimensions imposantes (280 cm x 357 cm) est aujourd'hui propriété de la Ville d'Amboise qui en a confié en 2016 la restauration à l'atelier de Pauline Helou-de La Grandière, restauratrice de peintures agrée installée à Paris 11e.

En savoir+ : www.visite-d-atelier.blogspot.fr.

Cette restauration a bénéficié  du soutien de la Drac de la Région Centre-Val de Loire et de la Fondation Saint-Louis, propriétaire du château royal d'Amboise. Un partenariat conclu avec la Fondation Saint-Louis prévoit sa mise en dépôt au Château royal d'Amboise, jusqu'en 2019, année de commémoration du 5e centenaire de la mort du célèbre Léonard.

Cette œuvre est présentée dans l'ancienne chambre de François 1er [aujourd'hui dénommée « Chambre Henri II »] au Château royal d'Amboise, à partir du 2 mai 2017, date commémorant son décès le 2 mai 1519. Conformément au parti artistique du peintre François-Guillaume Ménageot, le choix symbolique du lieu d'exposition souligne le lien singulier entre le souverain français et le peintre-ingénieur florentin, à quelques mètres du lieu de sa sépulture. Marquant ainsi son attachement au défunt, le roi François 1er lui accorde l'ultime privilège d'autoriser son inhumation en la collégiale Saint-Florentin, dans l'enceinte même du château royal.