Histoire

XVIIe et XVIIIe siècles : une citadelle, étape des souverains de France

À la fin du XVIème siècle, Amboise conserve sa fonction de place-forte en raison de sa position stratégique, mais devient une étape des souverains français qui y séjournent ponctuellement à la faveur de leurs déplacements dans le royaume, à l’exemple de Henri IV (1553- 1589- 1610), Louis XIII (1601- 1610-1643), Louis XIV (1638- 1643-1715) ou Philippe duc d’Anjou (1683- 1700/1724-1746), son petit-fils, futur Philippe V d’Espagne.

Louis XIII ordonne toutefois en 1620 la construction de nouvelles défenses. Mais faute d’entretien, le Château se dégrade progressivement : des corps de logis de l'enceinte occidentale du Château (entre la Chapelle Saint-Hubert et le Logis Charles VIII) sont démolis entre 1627 à 1660.

Amboise sert par ailleurs de prison. Des prisonniers célèbres y sont détenus, à l’exemple de Nicolas Fouquet (1615-1680), surintendant des Finances de Louis XIV, disgracié en 1661. Il est escorté par le célèbre capitaine des mousquetaires d’Artagnan (vers 1615-1673) lors de ce séjour.

Amboise sort finalement de son sommeil au XVIIIèmesiècle avec Étienne-François, duc de Choiseul (1719-1785), puissant ministre de Louis XV (1710- 1715-1774).

Il en devient le propriétaire en 1763 en même temps que du domaine de Chanteloup tout proche où il fait édifier un château somptueux dans le goût du moment. Aussi préfère-t-il y résider plutôt que dans la citadelle d’Amboise où il installe des manufactures.

Gravure de Rigaud. Château en 1730
Gravure de Rigaud. Château en 1730

À la mort de Choiseul, son immense propriété est rachetée par la Couronne pour être cédée en 1786 à Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre(1725-1793), petit-fils légitimé de Louis XIV. Il y aménage des appartements à partir de 1789 ; il procède à la destruction des colonnes et au cloisonnement de la Grand Salle. Il fait aménager une salle à manger panoramique sur la Tour des Minimes. Il ordonne des travaux dans les jardins : il fait ainsi planter des tilleuls en quinconce sur la terrasse Nord et aménage un parc de style anglais. A la pointe occidentale de la forteresse, il fait édifier une pagode sur la tour Garçonnet, dans le style chinois.

En 1789, le logis des Sept-Vertus subit un incendie.

La Révolution change définitivement le destin du Château. En 1793, les autorités confisquent le Château et son mobilier afin d’en faire un centre de détention ainsi qu’une caserne pour les vétérans des campagnes menées par les armées révolutionnaires. Dans ce démantèlement disparaissent également l'essentiel de la décoration du Château : lambris, cheminées, statuaire, peinture, ferronnerie, menuiserie, etc… Après un espoir éphémère de récupérer leurs biens, l’héritière du duc de Penthièvre, Louise-Marie-Adelaïde, duchesse d’Orléans s’exile à la suite du Coup d’État du 18 fructidor de l’An V (4 septembre 1797) et en vertu d’un décret qui oblige les Bourbons à quitter la France.