Nom : Abd el-Kader ben Muhieddine

Date de naissance : 6 septembre 1808, El Guettana, Régence d’Alger

Date de mort : 26 mai 1883, Damas, Vilayet de Syrie

 

L’émir Abd El Kader  

 

Abd el-Kader ben Muhieddine est né en Algérie en 1808. Élevé dans une famille de lettrés de la région de Mascara, il développe très vite une insatiable curiosité et de grandes capacités intellectuelles. Jeune homme, il s’implique dans la résistance à la colonisation française. Il crée une force militaire permanente pour s’opposer aux troupes françaises. Contraint à se rendre au général Lamoricière en 1847, il fait la promesse de ne plus lever les armes contre la France. L’instabilité politique que connaît alors la France compromet sa situation. Il est alors incarcéré au Château d’Amboise l’année suivante. Il est libéré quatre ans plus tard par Louis-Napoléon Bonaparte (1809/1852-1870/1873) alors Prince-Président, venu en personne tenir la parole donnée par les autorités françaises en 1847. L’Émir s’embarque alors pour la Turquie puis Syrie où il consacre l’essentiel de ses dernières années à la méditation et l’enseignement. Jusqu’à son dernier souffle, il défend avec constance les valeurs universelles de tolérance et d’humanisme. Il meurt à Damas en 1883.

 

L’émir Abd El Kader et le château royal d’Amboise  

 

Ayant déposé les armes le 24 décembre 1847, l’émir Abd El Kader est transféré à Toulon, puis à la forteresse de Pau. En novembre 1848, l’illustre prisonnier est ensuite assigné à résidence au château royal d’Amboise avec sa famille et sa suite composée d’environ quatre-vingt personnes.  L’émir passera quatre années au château, avant d’être personnellement libéré par Louis-Napoléon Bonaparte le 16 octobre 1852. Après des premières années particulièrement difficiles, marquées par le décès de nombre de ses proches (victimes du climat et de maladies), des conditions de vie rudes et un isolement volontaire, l’émir Abd El Kader va progressivement établir le dialogue avec ce nouvel environnement. Au fil des années, un lien particulier va notamment se nouer avec la population de la ville d’Amboise, que l’émir côtoie régulièrement lors de ses sorties. A sa libération, les habitants se mobiliseront pour faire édifier un monument à son hommage, sur le domaine du château. Celui-ci est toujours visible de nos jours, au niveau du jardin d’Orient.

 

Le jardin d’Orient

 

Ce jardin a été crée en 2005 par l’artiste algérien Rachi Koraïchi. Il s’agit d’un jardin-cimetière à la mémoire des 25 personnes de la suite de l’émir décédées durant leur captivité à Amboise. Lieu de méditation, il comporte 25 stèles en pierre d’Alep, marquées de sourates du Coran et surmontées d’une enseigne en bronze portant chacune le nom d’un défunt. Sept cyprès, comme sept gardiens, dont le lien entre la terre et le ciel. Une grande diagonale de romarins, orientée sud-est, indique la direction de La Mecque.

 

 

Pour en savoir plus :

Podcasts « L’émir Abd El Kader, prince captif d’Amboise », par Ahmed Bouyerdene  

 

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