Les deux tours-cavalières constituent l’un des attributs emblématiques du château royal d’Amboise.

Ces deux tours quasi jumelles sont édifiées, entre 1495 et 1498, à l’initiative du roi Charles VIII, dans le cadre des grands travaux de transformation du château royal d’Amboise menés durant son règne. Il semblerait d’ailleurs que la construction d’une troisième tour ait été prévue mais finalement abandonnée : on trouve l’amorce de sa base à l’extrémité du rempart nord.

Une singularité architecturale

Les tours des Minimes et Heurtault sont des modèles uniques en France de tours à rampe cavalière. Elles sont occupées par deux rampes hélicoïdales en pente douce, prises entre les murs extérieurs et un moyeux central creux. Si le moyeu central de la Tour Heurtault n’est plus accessible, les visiteurs peuvent encore découvrir celui de la Tour des Minimes à l’occasion des visites guidées « Les Coulisses de l’Histoire ». La vue est vraiment spectaculaire.

Un accès facilité au château 

Les deux tours-cavalières facilitent l’accès au château depuis la villebasse et les berges de la Loire. Jusqu’alors, l’unique accès était celui ouvert dans le rempart médiéval. Entrer au château par cette entrée imposait de faire un détour de plusieurs kilomètres pour arriver par l’arrière de l’éperon rocheux. C’était certes très commode pour défendre la place, mais beaucoup moins pour la circulation du quotidien. Le fait que le royaume soit pacifié (la guerre de Cent ans est alors terminée) permet la construction des tours. Les contingences défensives sont un peu atténuées au profit d’une architecture du beau et de l’agrément.

Un aménagement de prestige

L’autre raison de l’édification des tours réside dans la volonté du roi de donner du prestige à son château. Avec leur caractère imposant et leur architecture novatrice pour l’époque, elles constituent deux entrées pleines de solennité pour les hôtes et les visiteurs des lieux. Il convient d’ailleurs de noter que l’usage de ces deux tours demeure réservé aux seuls dignitaires de hauts-rangs. Accéder à cheval au plus près des logis représentait un très grand honneur. Les tours cavalières contribuaient ainsi à la fascination que le château royal exerçait sur les sujets du royaume.

 

C’est ainsi que bien lors de la réception de Charles Quint par François Ier, en 1539, c’est naturellement par la Tour Heurtault que l’empereur accède au château en compagnie du roi. On frôlera d’ailleurs la catastrophe ce jour-là : les deux monarques s’engagent dans la Tour Heurtault richement décorée de tapisseries et de torches. L’une des tentures s’enflamme au passage du convoi, déclenchant un début d’incendie ! Les deux souverains échappèrent de justesse au sinistre.

Un lieu de rétention 

Après le départ de la Cour de France pour l’Île de France dans la seconde moitié du 15ème siècle, le château d’Amboise connaît une période de relatif abandon. Les tours-cavalières sont transformées en lieu de rétention. Au fil des périodes de guerre et des disgrâces, des prisonniers sont enfermés dans leurs murs. On trouve aujourd’hui trace de leur passage à travers les très nombreux graffitis historiques qui marquent les murs. Les plus anciens datent de la fin du 15ème siècle, d’autres de la seconde guerre mondiale.